Note d’informations au sujet des termes « pressing », « contre-pressing » et « surpressing »

Proposition théorique de Eric Duprat, entraineur de football (DES), professeur d’EPS agrégé et © Jean-Francis Gréhaigne, professeur des Universités honoraire en STAPS de l’Université Bourgogne Franche-Comté.

Suite aux nombreuses lectures et remarques à propos de l’article intitulé « Pressing », « contre-pressing » et « surpressing », retour sur les concepts » de Duprat E. & Gréhaigne J.-F. il nous a semblé intéressant de revenir plus succinctement sur le thème afin de simplifier l’approche.

🚨 Avant d'aller plus loin, inscrivez-vous à la newsletter

Chaque dimanche vous recevrez des idées sur l’analyse du jeu, l’entrainement ou encore l’apprentissage.

Organisation défensive

Trois types d’organisation défensive centrés sur la récupération du ballon peuvent être définis :

La « pleine retraite » où une manœuvre de retardement, prise en charge et recul frein, est effectuée sur le porteur du ballon adverse pour éviter la contre-attaque alors que le reste des joueurs se replace en défense adossé au but à défendre. Elle est estimée être une défense « passive » car l’objectif est d’attendre l’adversaire, de construire la densité proche de notre but et de reconquérir la balle après avoir ralenti et bloqué l’attaque adverse. Elle engendre souvent un jeu en contre-attaque dès la récupération du ballon.

La « semi retraite » ou l’ensemble de l’équipe œuvre pour ralentir la progression du ballon sans chercher à le reconquérir. Passé la moitié du terrain un dispositif de zone-press est mis en place en s’appuyant sur la loi du hors-jeu afin de pousser les adversaires à la faute, à intercepter la passe ou à bénéficier d’une récupération réglementaire sur Hors-jeu (Duprat E. 2005).

Ce type de défense considérée comme « semi-agressive » peut s’effectuer en tenant compte d’une zone particulière du terrain ou d’un circuit préférentiel des adversaires en lien avec un ou deux joueurs particuliers. Le ballon est alors récupéré dans la zone proche de la ligne médiane ou zone de pré-vérité défensive. Le type d’attaque qui s’ensuit entre dans la classe des attaques rapides.

Le « pressing » ou la volonté est de reconquérir la balle le plus tôt possible après sa perte. A ce titre on la dit « agressive » car il s’agit de réagir au plus vite et le plus haut possible sur le terrain car l’attaque était arrivée ou proche de la zone de finition. Elle peut se faire lors d’une phase statique : touche, coup de pied de but, ou dans la continuité du jeu suite à une relance courte du gardien de but.

Le ballon se situe alors dans la partie haute du terrain environ jusqu’à 30, 35 mètres du but adverse. Notre équipe est déjà positionnée en phase offensive ce qui facilite la reprise du mouvement en cas de récupération, aidée par un déséquilibre passager adverse en rapport avec la réversibilité du jeu.

Le « surpressing », qui en découle, consiste à mettre en place un dispositif cherchant une récupération immédiate dès la perte du ballon, essentiellement dans la continuité du jeu. Lors d’une phase statique les deux équipes ont eu le temps de se réorganiser et le déséquilibre devra se reconstruire dès la remise en jeu. La particularité du « surpressing » est qu’il peut être exécuter dans toutes les parties du terrain afin d’agresser en permanence les adversaires et de les pousser à la faute.

Signalons qu’il implique une prise en charge individuelle des adversaires directs même si le type de défense originel est en zone. Cela nécessite une implication immédiate de tous les joueurs jusqu’au gardien de but pour couvrir l’axe profond si nécessaire. Ajoutons que l’exécution de ce type de reconquête nécessite une dépense énergétique maximum qu’il est compliqué de tenir sur toute la durée d’une rencontre sans faille, et qui risque de porter préjudice s’il est répété sur le long terme.

Dans tous les cas il ne faut pas confondre ce qui est du ressort du « pressing » ou du « surpressing » qui sont des dispositifs collectifs mis en œuvre par l’équipe tout entière. En ce qui concerne le « harcèlement » celui-ci correspond à la confrontation directe d’un défenseur avec le porteur du ballon lorsque l’action du recul frein doit cesser, suite à un signal prédéterminé ou parce que l’adversaire se rapproche à distance de tir.

Organisation offensive

Du point de vu offensif nous trouvons les trois types d’attaque traditionnels :

La « contre-attaque » définit comme un mouvement offensif suite à une récupération basse, qui se traduit par un jeu long dans la profondeur, souvent aérien, soit direct pour un attaquant qui file au but, soit indirect par l’intermédiaire d’un appui qui prolonge le jeu pénétrant. Le relais peut aussi orienter le jeu vers un ailier de débordement qui produit une passe décisive vers l’axe du terrain pour un partenaire qui tire au but (NOSOTROS 03/07/2022).

« L’attaque rapide » qui fait suite à une récupération à mi terrain et profite du déséquilibre défensif passager de l’adversaire. Celle-ci s’enchaine par une passe courte profonde dans l’espace libre pour un partenaire qui termine l’action ou par une passe diagonale, ou transversale, vers un joueur qui déborde et centre. Trois à cinq joueurs sont impliqués et l’action dure environ 3 à 7 secondes.

« L’attaque placée » que l’on retrouve dans deux cas distincts : soit une récupération réglementaire suite à une sortie du ballon de l’espace de jeu (touche, coup de pied de but), ou une intervention de l’arbitre (coup franc pour faute ou hors-jeu, balle à terre) ; soit une récupération dans le jeu en partie haute ou le dispositif défensif adverse est encore en place même s’il peut être en léger déséquilibre, dû à la réversibilité.

Dans le premier cas le temps de la remise en jeu a permis aux adversaires de se réorganiser défensivement. Dans le second cas la densité défensive adverse est encore présente même si la mouvance du jeu offre une opportunité d’atteindre la cible rapidement. On peut aussi la retrouver lorsqu’un mouvement offensif n’a pas abouti et que l’équipe en attaque passe par une phase de recul pour conserver le ballon et reconstruire un mouvement offensif pénétrant, perforant.

Face à la tendance actuelle des équipes qui se basent sur une défense agressive, dès la perte du ballon, est apparue la nécessité de réagir face au « pressing » adverse. On parle alors de « contre-pressing » qui s’inscrit logiquement dans la famille des attaques. Il correspond au mouvement offensif qui permet la sortie de balle ou la remontée du ballon face à un pressing adverse. Il faut éviter le pressing adverse en franchissant rapidement les rideaux successifs installés et la densité environnante. Les moyens à mettre en œuvre peuvent se traduire par :

– une montée rapide et pénétrante du récupérateur du ballon avant la réaction adverse,

– un jeu profond qui dépasse au moins deux rideaux adverses grâce à une prise d’appui profonde,

– une phase de jeu en conservation, basée sur la possession, en exploitant rapidement les dimensions du terrain et la supériorité numérique liée au gardien de but suite à un « éclatement » de l’équipe.

Il nous est apparu nécessaire de revenir sur ces concepts car le jeu des traductions linguistiques a provoqué des confusions et contresens. Ces quelques précisions apportées, nous sommes ouverts à toutes discussions autour de ces thèmes ou autres.

🤔 Cette proposition vous a plu ? 

Rejoignez + de 4500 passionnés en vous abonnant à notre newsletter et vous recevrez nos entretiens, directement par e-mail.

Références

La plateforme de référence